"Flop, fait la pierre en s'enfonçant dans l'étang.
C'est exactement ce que je pense, depuis quelques minutes : flop. Et même superflop, mégaflop, flop de la mort, flop qui tue, flope sans espoir. Flop, tout simplement. Ou gloups.
Oui, gloups résume la situation encore mieux que flop. Gloups, donc. Ou pof. Ou zbong. Ou... Plouf, peut-être. Faire simple. Ce genre d'onomatopées, en tout cas. Pas de phrases complètes. Surtout pas. Pas de sujet-verbe-complément, de ce-qui-se-conçoit-bien-s'énonce-clairement. Ce serait trop clair, justement, trop simple. Et faux, archifaux.
Rageusement, je jette une autre pierre dans l'étang. Puis une autre. Puis une autre. Puis une autre. Puis X me demande si je n'en ai pas marre, de ces jeux de gamines :
- Elle t'a rien fait l'eau, non ?
Si, elle m'a fait quelque chose : elle m'a fait pleurer, figure-toi. Elle l'a fait pleurer la première fois que tu m'as emmenée au lac; elle m' a fait pleurer la première fois que je m'y suis promenée sans toi, en pensant a toi, en ne pensant qu'a toi, en n'arrêtant pas de penser a toi; et elle me fait pleurer, maintenant que je la contemple avec toi qui ne pense pas a moi!
Envie de hurler. Me contenir. Hausser les épaules. Arrêter de lancer des pierres. Ne plus pleurer. Ne plus pleurer. Ne plus pleurer.
En tout cas, essayer
X s'étire. Propose qu'on rentre. C'est pas qu'il s'ennuie, mais.
-Mais quoi ?
Mauvaise question. Mais il faut qu'il rnage sa chambre, mais il faut qu'il aide sa mère, mais il faut qu'il avance dans le roman qu'il doit lire, mais il faut qu'il rappelle un pote, mais il faut qu'il vérifie son agenda parcequ'il lui semble que, mais il faut qu'il se douche, mais il faut que, enfin, tu vois, quoi.
Je me lève en titubant. Je vois. Pas la peine d'en rajouter. J'ai compris. Ce garçon est horriblement occupé. Ce garçon s'ennuie avec moi. Ce garçon est beau. Ce garçon est beau et je l'aime. Ce garçon est beau et ne m'aimes plus. Cherchez l'intrus."
C'est exactement ce que je pense, depuis quelques minutes : flop. Et même superflop, mégaflop, flop de la mort, flop qui tue, flope sans espoir. Flop, tout simplement. Ou gloups.
Oui, gloups résume la situation encore mieux que flop. Gloups, donc. Ou pof. Ou zbong. Ou... Plouf, peut-être. Faire simple. Ce genre d'onomatopées, en tout cas. Pas de phrases complètes. Surtout pas. Pas de sujet-verbe-complément, de ce-qui-se-conçoit-bien-s'énonce-clairement. Ce serait trop clair, justement, trop simple. Et faux, archifaux.
Rageusement, je jette une autre pierre dans l'étang. Puis une autre. Puis une autre. Puis une autre. Puis X me demande si je n'en ai pas marre, de ces jeux de gamines :
- Elle t'a rien fait l'eau, non ?
Si, elle m'a fait quelque chose : elle m'a fait pleurer, figure-toi. Elle l'a fait pleurer la première fois que tu m'as emmenée au lac; elle m' a fait pleurer la première fois que je m'y suis promenée sans toi, en pensant a toi, en ne pensant qu'a toi, en n'arrêtant pas de penser a toi; et elle me fait pleurer, maintenant que je la contemple avec toi qui ne pense pas a moi!
Envie de hurler. Me contenir. Hausser les épaules. Arrêter de lancer des pierres. Ne plus pleurer. Ne plus pleurer. Ne plus pleurer.
En tout cas, essayer
X s'étire. Propose qu'on rentre. C'est pas qu'il s'ennuie, mais.
-Mais quoi ?
Mauvaise question. Mais il faut qu'il rnage sa chambre, mais il faut qu'il aide sa mère, mais il faut qu'il avance dans le roman qu'il doit lire, mais il faut qu'il rappelle un pote, mais il faut qu'il vérifie son agenda parcequ'il lui semble que, mais il faut qu'il se douche, mais il faut que, enfin, tu vois, quoi.
Je me lève en titubant. Je vois. Pas la peine d'en rajouter. J'ai compris. Ce garçon est horriblement occupé. Ce garçon s'ennuie avec moi. Ce garçon est beau. Ce garçon est beau et je l'aime. Ce garçon est beau et ne m'aimes plus. Cherchez l'intrus."
B. FERRIER, Je n'aimerais que toi